Pour voir loin, il faut y regarder de près.

Voilà un texte extrait du Monde. Je suis pourtant très proche de ce monde de spéculateurs mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on va dans le mur…

Le 3 juillet 2009, Serge Aleynikov, programmeur de logiciels financiers, est arrêté par le FBI à l’aéroport de Newark, près de New York, alors qu’il rentrait de Chicago. Il est accusé par son ancien employeur, la banque d’affaires Goldman Sachs, d’avoir volé des programmes informatiques de très haute valeur.
(…)
En général, ces batailles entre grandes banques d’affaires et petites start-up restent confidentielles. Mais celle-ci fait la “une” de la presse financière, car, en ce début d’été 2009, les médias et certains hommes politiques mènent une nouvelle campagne contre Goldman Sachs, accusée de faire des profits gigantesques alors que le pays s’enfonce dans la crise.

Les affaires Aleynikov et Malyshev suscitent deux interrogations : pourquoi ce logiciel dérobé est-il si précieux ? Et comment les banques font-elles pour gagner autant d’argent en pleine récession ? En consultant les CV d’Aleynikov et de Malyshev sur Internet et les forums auxquels ils participent, les journalistes découvrent que tous deux sont des spécialistes du high frequency trading, “transactions à haute fréquence”.

Depuis l’informatisation complète des transactions boursières, l’arme suprême des spéculateurs est la vitesse. Les programmes d’achat et de vente ultrarapides, basés sur des algorithmes toujours plus complexes et tournant sur des ordinateurs toujours plus puissants, sont devenus des outils décisifs. On assiste à une féroce course à l’armement entre opérateurs. En 2008, plus du quart des transactions boursières aux Etats-Unis ont été réalisées grâce à des algorithmes. (…)

Par ailleurs, les différentes places boursières, qui sont de plus en plus en concurrence, reversent une prime à tout opérateur choisissant en priorité leur plate-forme pour lancer les transactions sur un titre. Là aussi, le trader le plus rapide est récompensé, même s’il a fait un aller-retour éclair dans le seul but de toucher la prime.

Pour répondre à cette demande de vitesse maximale, on a vu apparaître des petites plates-formes de transactions automatisées, fonctionnant avec quelques dizaines d’employés, et installées dans des bureaux bon marché, loin de Wall Street. Certaines sont déjà devenues des concurrentes redoutables pour les Bourses traditionnelles. En juillet 2009, le New York Stock Exchange ne réalisait plus que 28 % des transactions boursières aux Etats-Unis, le Nasdaq 21 %. Deux sociétés inconnues du grand public, le BATS à Kansas City (Missouri) et Direct Edge à Jersey City (New Jersey) rivalisent pour s’imposer au troisième rang des places boursières américaines, avec chacune 10 % à 12 % du marché, selon les modes de calcul.(…)

En dévoilant au public ce nouveau moyen de s’enrichir à toute vitesse, les médias ravivent le scandale, car, pour beaucoup d’observateurs, les flash orders s’apparentent à un délit d’initié. Le sénateur démocrate de l’Etat de New York, Charles Schumer, en a fait une croisade personnelle. Il a écrit à la SEC (Securities and Exchange Commission, autorité de tutelle des Bourses américaines) pour exiger la suppression des flash orders. Si la SEC n’agit pas, le sénateur menace de déposer un projet de loi pour les interdire. La SEC lui répond qu’elle va étudier le problème, dans le cadre d’une enquête plus vaste sur d’autres pratiques, notamment les dark pools (marchés privés où les transactions sont anonymes, et où se pratique une variante des flash orders).
Source Le Monde

Illustration extraite de cinemasie

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7 Responses to Pour voir loin, il faut y regarder de près.

  1. Al-Kanz says:

    Qu’est-ce qui te fait dire que l’on va dans le mur ?

  2. Arnaud Jeulin says:

    Faire des milliers de transaction sur le marché ne me semble pas une bonne méthode d’investir :) ça donne peut être de la liquidité au marché mais ça peut entrainer des dérives sur le long terme. Disons que ce n’est pas le but premier de la bourse.

    C’est juste un instrument de plus, on n’a pas attendu de type de système pour avoir des crises et des krachs boursiers…

  3. graphseo says:

    là où il y a des acheteurs il y a également des vendeurs… Si ces systèmes vendent massivement, d’autres systèmes leur achètent leurs titres !?

    Je trouve que c’est justement le marché des dérivés qui devient dangereux, les produits sont de plus en plus nombreux et complexes, il devient dangereux d’investir désormais sur des produits qu’un particulier ne peut maîtriser. C’est ce marché de dérivés qui devient à mon sens ingérable et donc dangereux. On arrivera peut être à une régulation un jour où l’autre, mais il faut bien avouer que tant qu’on ne sera pas dans le mur, rien de changera, mais cela a de quoi inquiéter je te rejoins

  4. Daniel says:

    @graphseo: Le marché des dérivés est surtout ingérable quand les engagements sont hors bilan et donc invisibles des investisseurs

    @Dauran: Vas tu jusqu’à imaginer que le rebond de ces derniers mois et principalement du à des techniques informatiques qui poussent les investisseurs à revenir alors que les décisions des programmes reposent sur du vent ?

  5. Arnaud Jeulin says:

    non, je ne pense pas que ce soit uniquement du à des systèmes informatiques. Disons que l’informatique permet d’accélérer les mouvements intraday.

  6. /Olivier says:

    Dauran > oui, on a lu le même article, c’est en effet assez incroyable d’avoir finalement grâce à l’informatique institutionnalisé le délit d’initié qui consiste à avoir des informations marché avant les autres…

    Tiens tu as lu que Stiglitz avertit d’un scénario de crise économique en “W” ? Il est d’accord avec toi. Enfin d’un autre côté, on n’est pas en 2011 et le CAC n’est pas à 2020, mister Nostradamus ;)

    A bientôt et Take Care

    /Olivier

  7. Arnaud Jeulin says:

    Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est du délit d’initié vu que l’information est publique. Seulement certains arrivent à la traiter plus vite que d’autres.

    En ce moment je lis pas mal d’article sur une éventuelle fin de crise. Et mon scénario du CAC à 2020 semble bien compromis… ;)

    Ceci dit j’ai aussi lu que les prêts relais consentis en 2007 arrivent à échéance. Et il y a pas mal de maison qui n’ont pas été vendue dans cette période, les propriétaires vont être obligés de revoir leurs prix à la baisse => dans certaine région le prix de l’immo est attendu à -30%.
    Il semble que beaucoup de PME sont aussi dans la m… et que la rentrée s’est faite avec un carnet de commande à la baisse.

    Bref, beaucoup d’info contradictoires entre les économistes et les bruits de couloir…

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