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Monétisation des contenus Internet et Mobile

A force de bookmarker des études et des billets de blogs sur la monétisation je commence à en avoir de partout. Je vais en faire un bilan/résumé rapide. Je vais commencer par remercier Cédric Naux (directeur du dev numérique de Bayard Jeunesse) pour tout le contenu qu’il partage sur Twitter.

Monétiser les médias numériques

Une étude de Ernst & Young dans le cadre du Forum d’Avignon : “créer de la valeur que les consommateurs sont prêt à payer”. Dans cette étude on apprend que l’évolution de l’utilisation d’Internet aux états Unis est saturé – il ne progressera plus beaucoup- Par contre la croissance viendra des usages mobiles dans le monde, d’après cette étude on a encore 3 bonnes années de forte croissance.

La part de la pub sur Internet va passer de 15% du total des dépenses pub (affichage+radio+tv…) estimé à $362M pour monter à 20% en 2014, le marché devrait être alors de $460M. Soit une progression de 70% en 4 ans.

L’industrie des jeux a passé brillamment le passage de la monétisation sur mobile, le secteur de la presse est, par contre, décevant.

La fragmentation du contenu semble être une solution pour monétiser sur le Web. Exemple de la musique vendue à l’unité et non par album.

Le mythe du Freemium ou pourquoi le gratuit ne fait pas vendre

Un retour d’expérience très intéressant sur le modèle freemium. En gros l’auteur propose un produit en plusieurs version, une gratuite pour attirer le chaland, et une payante avec plus d’options. En résumé, moins de 1% de ceux qui prennent le produit gratuit vont finir par payer. Et si on enlève le produit gratuit pour ne proposer que la version payante on vend 10 fois plus. Ce retour d’expérience est à lire.

Sur le “Freemium Myth more data” on apprend que CrazyEgg a fait la même expérience et a doublé son chiffre d’affaire instantanément. A lire aussi : Le “Freemium myth” qui recommande de ne pas trop segmenter ses offres et de faire attention au modèle freemium…

Les 3 étapes du succès pour le freemium

Un article un peu en contradiction avec le premier dans lequel on apprend que Evernotes a un taux de transformation qui augmente avec le temps d’utilisation de la version gratuite. En gros, certains utilisateurs mettent beaucoup de temps pour passer à la version payante.

L’expérience ratée sur le modèle freemium relatée ci dessus a donc peut être un paramètre manquant : le temps. En laissant le modèle free assez longtemps il aurait peut être eu une bonne surprise au bout de quelques mois/années.

Le paywall est-il un succès ?

Il y a quelques mois Ruppert Murdoch a décidé de faire payer TOUS les lecteurs du Times. Bilan : forte chute du nombre de visiteurs, plus de visiteurs via les outils de recherche… Mais des lecteurs qui payent. Succès mitigé, il est un peu tôt pour savoir si l’audience va continuer à s’éroder ou s le nombre d’abonnement va se maintenir.

Monétisation des applis mobiles

Cela fait maintenant de nombreux mois qu’on (principalement Flo) travaille sur des applis mobiles sur Android et iPhone. Actuellement notre appli la plus téléchargée et un convertisseur de devises.

Cette application est gratuite et nous allons la passer payante aujourd’hui (il vous reste le temps qu’on boive tranquillement le café pour la télécharger gratuitement). Nous avons attendu d’avoir une appli qui réponde le plus possible aux attentes, nous avons donc suivi les conseils et recommandations des utilisateurs depuis 3 mois. Aujourd’hui, je pense que nous avons une appli parfaite pour le marché qu’elle cible, en tout cas les retours sont très positifs. La période de mise au point étant terminée nous arrêtons la gratuité.

Nous pensons faire un test sur 3 mois pour mesurer l’impact du prix sur les téléchargements. A la fin des 3 mois de tests on devrait en savoir un peu plus sur le potentiel de revenu sur les app mobiles. Aujourd’hui j’estime que le mobile pourrait surpasser les revenus web d’ici 3 à 5 ans pour nous… Rendez vous dans 3 mois pour voir si j’ai changé d’avis.

Le Chiffre d’affaire de quelques sociétés Internet en France

En France la plupart des sociétés doivent publier les comptes sociaux. En gros elles publient pour chaque exercice leur chiffre d’affaire.

Ces données sont publiques et accessibles en ligne sur des sites comme société.com.

On y apprend que

  • Komodo (chauffeurdebuzz) est une EURL avec un capital de 7500 euros et un CA de 590’000€ sur l’exercice qui s’est terminé fin juin 2008
  • Zlio est une SA au capital social de 110’000 euros et un CA de 390’000€ en 2007
  • Wikio est une SARL au capital de 3.7 Millions d’€ et un CA de 98’000€ en 2007 (il me semble que ça a fortement augmenté depuis…)
  • Netvibes est une SAS au capital de 3.2 millions d’euros et un CA de 220’000 euros en 2007
  • Web Rank Expert (éditeur de Webrankinfo) est une SARL au capital de 14’000 euros et un CA de 490’000 euros en 2007
  • Wengo, SAS au capital de 900 k€ et 870k€ de CA en 2007
  • Webwag, EURL au capital de 15’000 € et 30’000€ de CA en 2007

Ce n’est pas du temps réel mais ça permet d’avoir un référentiel. J’essayerais de ressortir ce billet chaque année pour voir l’évolution d’un micro échantillon du web français.

Certaines sociétés sont hyper rentables tandis que d’autres semblent vraiment galérer. Je pense (et j’espère) que les chiffres de 2008 devraient être meilleurs pour la plupart d’entre elles.

Si vous avez des suggestions de sociétés à suivre…

La partie immergée de l’iceberg

Ce week end je suis tombé sur une liste sensée représenter le top 30 des sites internet classés par leur revenu annuel. Comme souvent ces listes reprennent les entreprises que tout le monde connaît mais oublient les sociétés qui font moins de bruit.

Je ne prendrais qu’un seul exemple que je connais particulièrement bien. FXCM, un des plus gros broker sur le forex, a une activité exclusivement online et a enregistré des revenus en 2008 de 313 millions de dollars (24ème place du classement, juste devant facebook) et un EBITDA (profits avant impôts) de 131 millions de $. La croissance est de +78% sur un an (+365% pour les profits) et 2009 est parti très très fort.

Allez, un autre exemple avec 888 Holdings (casino online) qui devrait faire plus de 250 millions de recettes en 2008 (publication des résultats officiels le 30 Mars).

Tant que j’y suis, un dernier exemple bien français : Boursorama. 209 millions d’euros (270M$) pour un résultat avant impôts d’un peu plus de 68 M€ (88M$).

Il existe donc une vie en dehors des sites dont tout le monde parle. Tout ça pour dire qu’il y a de vrais filons dans les secteurs peu médiatisés.

Une nouvelle ligne droite

Depuis hier je gère de nouveau la vente d’espace pub en direct. Les performances étaient loin de mes espérances en 2008, cette décision me semble donc naturelle. Comme je l’avais déjà écrit, la grande différence vient d’un contrat exclusif de longue durée avec un seul annonceur : FXCM. FXstreet, une société espagnole qui possède le portail leader mondial sur le forex, qui gérait mon espace pub l’an dernier pense que c’est une erreur stratégique car je ne peux pas maximiser les revenus publicitaires, que je perds mon indépendance, et que les annonceurs risquent de ne plus revenir si je ré-ouvre les espaces pub.

Je ne pourrais effectivement pas “maximiser les revenus publicitaires”. Mais je n’ai jamais été dans une course à la croissance. Je travaille en famille là où Fxstreet a une véritable industrie avec une trentaine de salariés.

“Je perds mon indépendance“… Certainement mais je gagne en visibilité à long terme.

Les annonceurs risquent de ne pas revenir“. Jusqu’à présent presque tous les annonceurs m’ont demandé de les prévenir rapidement lorsqu’un espace pub se libère. Et il y a toujours Adsense qui, même si ce n’est pas extraordinaire, donne toujours beaucoup plus qu’un smic à lui seul…

Pour le moment je ne me fais pas trop de soucis puisqu’en plus, d’après Google trends, je viens de toucher le portail leader (cf le graphe ci dessus, forexfactory est un forum et dailyfx le site de contenu de mon annonceur)

Dans cette guerre d’audience Fxstreet compte lancer un site en français. Ils ont l’avantage d’avoir eu accès à 100% de mes stats pendant 1 an ce qui devrait leur donner un petit plus stratégique. Mais Mataf sera certainement moins touché que mes confrères en .fr vu que mon taux de croissance vient d’Amérique du Nord et d’Asie (véritable coeur d’audience du marché du forex).

Ma marge de progression d’audience est encore très élevée. Fxstreet compte 700’000 visiteurs uniques par mois, je suis à moins de 10% derrière mais j’ai un taux de croissance supérieur de 5 points (s’ils font +10% je fais +15%). Je devrais donc les dépasser ce trimestre. Par contre ils ont plus de visites par visiteurs et donc plus de pages vues, là encore l’écart se réduit rapidement.

Côté revenu, les espagnols comptaient sur un chiffre d’affaire de 4.1 millions de dollar en 2008. Ce qui me laisse penser que j’ai vraiment intérêt à continuer de creuser aux USA et en Asie, là ou les courtiers sur les changes se trouvent en majorité. Même si leur chiffre d’affaire vient en partie d’une activité d’apporteur d’affaire (ils touchent un pourcentage des gains des brokers durant toute la vie du client) ce que je ne compte pas faire tant que je resterais seul.

Si je résume : mon contrat pub sur 2 ans me permet de me concentrer sur le contenu. Cette stratégie d’un contenu de qualité plutôt qu’en quantité est très bénéfique sur l’audience. Mon objectif de passer devant tout le monde gagne donc en crédibilité… A terme je ne pense pas développer à outrance le chiffre d’affaire par contre le site pourrait devenir intéressant pour un groupe média ou un broker.

J’adore jouer à ce jeu d’échec sur le web.

Twitter et la Crise

Evan Williams est interviewé sur Bloomberg, une chaine de TV moins passionnante que Cartoon Network ou Comedy Central je vous le concède.

Le CEO de Twitter est interrogé sur l’impact que pourrait avoir la crise sur Twitter. Pour Evan le trafic ne devrait pas baisser à court terme et il a levé des fonds (15 millions?) cet été en prévision de l’hiver capitalistique… Comme toujours certains sont plus au courant que d’autres…

Une petite hésitation lorsque la présentatrice lui demande son business model. Pour le moment ils se concentrent sur la croissance et vont probablement implémenter de la pub en 2009.
Il ne pense pas à une introduction en bourse… C’est un peu tôt. Et n’a pas vraiment peur de la concurrence actuellement.

Donc, comme beaucoup Twitter est armé financièrement pour passer la crise, reste à trouver un business model pour profiter de la reprise qui suivra…

Personnellement je n’arrive pas à trouver de source de revenu originale pour un service comme twitter. Je ne crois pas que la pub soit un système générant assez de $ pour faire vivre la société. Une marque blanche n’a pas vraiment d’intérêt vu le peu de technologie qui se cache derrière ce concept. Reste les compte premium “à la flickr” dans ce cas il faudra trouver un vrai plus à offrir aux membres…

Etat de la blogosphère, commentaire rapide

On le lit partout, Technorati vient de publier l’état de publier l’état de la blogosphère. Je ne reviendrais pas sur le contenu de ce rapport qui a été traduit et commenté chez tubbydev, Didier Durand, Francis Pisani, Fred Cavazza ou encore Jean-Marie Le Ray.

Je retiendrais juste les commentaires sur la monétisation des blogs. D’après ce rapport les blogs qui ont plus de 100’000 visiteurs uniques sortent des revenus de 75’000$ soit 50’000€ par an. Cela étonne tout le monde y compris Techcrunch.

Alors 100’000 visiteurs uniques sur un blog actif doit représenter 200’000 visites. Même si on se base sur 150’000 visites ça représente un revenu par visite de moins de 0.03€, ce qui me semble correct mais pas extraordinairement haut.

Ensuite Technorati parle de blogs qui font 100’000 visiteurs uniques et plus… Tout est dans le “et plus”, si on n’a pas la limite haute on ne peut pas vraiment tirer de conclusions. Est ce que les blogs US qui ont une audience qui se compte en millions de visiteurs sont inclus ?

Dernier point, Technorati indique que le revenu médian est significativement plus bas. Ce qui veut dire que quelques blogs à très fort revenus tirent la moyenne vers le haut. Pour exagérer si je prends 100 blogueurs qui gagnent 10€ par an, 10 blogueurs qui gagnent 50’000€ et 1 qui gagne 5 millions la moyenne des revenus des blogueurs est de 50’000 euros par an… Notez que ce n’est pas très significatif…

Voilà donc un rapport qui aura illuminé la journée de certains blogueurs qui ont pensé un moment devenir très riche facilement…. Reste à devenir celui qui tire la moyenne vers le haut ! C’est comme au loto, si on joue pas on gagne pas :)

L’illustration vient de là

Comparaison des revenus des blogs

Juste pour comparer deux situations extrêmes.

D’un côté Vincent Abry qui gère plusieurs sites avec 372’965 visiteurs uniques en janvier pour 500’000 pages vues déclare avoir gagné $1’963 soit un CPM de $3.9 ou un revenu par visiteur de $0.005

D’un autre côté Lloyd qui gère un blog sur le forex avec 4’482 visiteurs uniques en janvier pour 11’097 pages vues déclare avoir gagné $1’020 soit un CPM de $91.9 ou un revenu par visiteur de $0.228

Lloyd est mon nouveau dieu ;)

Crédit photo 

Dailymotion, 20 millions d’Euros de revenus en 2008

Dailymotion prévoirait un CA de 20 millions d’euros en 2008. Quand j’ai lu cette ligne ça m’a paru très faible vu l’importance de la plateforme vidéo. J’ai un peu fouillé et j’ai trouvé les chiffres suivants…

Dailymotion en chiffre :

  • 42ème site mondial
  • n°2 des sites de vidéo en ligne après Youtube
  • 52-55% d’audience Française
  • 33-37 millions de visiteurs uniques (VU) par mois, 1.3 milliard de pages vues (juin 2007) –
  • 40.2 millions de VU, 1.2 milliard de pages, 667 millions de vidéos vues (novembre 2007)
  • Levées de fonds 7 millions + 25 millions (août 2007)
  • Annonce un objectif de CA de 20 millions en 2008
  • > 60 employés (pas trouvé de données)

A priori la croissance de Dailymotion va continuer à augmenter ils devrait donc avoir au minimum 700 millions de vidéos vues par mois sur 2008, soit environ 8.4 milliards sur l’année (estimation faible). Chaque vidéo rapporterait donc 0.24 centime d’euro, je ne sais pas si on parle de CPM dans les vidéos mais si c’est le cas on a un CPM de 2.38 euros sur les vidéos vues.

Si on parle en pages vues (PV), il y aura au minimum 14.4 milliards de PV ce qui donne un CPM de 1.4 euro… A comparer au $0.1 / $0.33 soit €0.07 / €0.24 de Myspace (donnée 2006 ?) et au €10 d’un portail généraliste (donnée tirée de mes divers expériences).

Remarque : J’ai pris un objectif bas en page vue, il est très probable que le nombre de pages et vidéos vues soit plus élevé. Le CPM sera d’autant plus faible.

Dailymotion a donc l’ambition de se placer entre un réseau social “fourre tout” qui génère de la page vue et un portail plus ou moins spécialisé. Leur objectif est donc cohérent.

Est ce que ça suffit pour être rentable ? La masse salariale doit être d’au moins 5 millions d’euros (s’il y a bien plus de 60 salariés), ce qui laisserait 15 millions d’euros pour payer la technique, location des locaux… A première vue je dirais que c’est suffisant pour être au moins à l’équilibre mais c’est une logistique qui me dépasse !

Qu’est ce qu’on peut tirer de tout ça ? Les plateformes vidéos ne sont pas vraiment rentables, elle génère beaucoup de volume en audience mais les revenus associés sont faibles comparé aux portails qui ont de plus moins besoin de bande passante à fournir. C’est certainement pour cette raison que certaines plateforme se sont tournées vers le BtoB (Kewego, Vpod, Scroon…).

Est ce que les challengers vont dans le mur ? La lutte sera difficile, la course à l’audience devra s’accompagner d’une course aux revenus. Les revenus sont plus importants dans le contenu pro, il faudra donc produire ou acheter des vidéos ce qui alourdit les charges et diminue les bénéfices. Des sites comme Seesmic auront du mal à gagner leur vie à moins de trouver LA source de revenue qui n’existe pas encore ou de se faire racheter ;)

Sources :

Estimer la valeur d’un site Internet (bis)

J’essaye d’estimer la valeur de mon site Internet et après de nombreuses discussions avec pas mal de gens différents j’avance dans ma réflexion.

Avant de lire il faut bien comprendre que j’estime un site Internet sur lequel je travaille seul, donc tous les bénéfices représentent mon revenu. Je n’ai pas de salarié et peu de charges en dehors de l’hébergement et de quelques factures de sous-traitances.

Un expert comptable m’a donné une méthode pour estimer rapidement l’ordre de grandeur de la valeur d’un site :

Une première approche que vous pouvez faire tout seul, si vous avez établi le bénéfice annuel de ce que vous rapporte votre site:

  •   Otez au bénéfice que vous en avez tiré, le salaire brut, – multiplié par 2,5 – , que vous verseriez à un technicien qui y aurait passé le même temps que vous.
  •   divisez le résultat obtenu par 0,0947. (Le résultat doit rémunérer l’apport au moins au taux moyen de rendement des obligations du secteur privé (0,0447) augmenté d’une prime de risque pour l’apporteur (0,05).)

Cette valeur est assez proche de la réalité si tout laisse à penser que le niveau de bénéfice sera identique durant les prochaines années …..

Cette méthode de calcul est une bonne approche si on achète un site en espérant toucher des dividendes chaque année (9.47% de rendement). Par contre elle tient compte uniquement du dernier bilan et non pas du potentiel de croissance.

En mixant un peu tout j’arrive avec 5 estimations différentes, toutes sont correctes dans leur raisonnement mais les écarts sont assez importants. Pour illustrer tout ça j’ai fait un exemple basé sur mes données mais les chiffres ont été modifiés, ce ne sont pas mes vrais revenus.

Voici le tableau d’évolution du chiffre d’affaire, des dépenses  (hébergement…) et des bénéfices. Je donne les résultats sur 3 ans et la prévision pour les 5 prochaines années :

J’estime que pour me remplacer je devrais prendre un informaticien et un analyste à temps partiel. Le tout pour un salaire de 45’000 euros annuel (c’est bien payé), soit 112’500 euros avec les charges (on multiplie par 2.5)

  • Estimation par comparaison : J’avais arbitrairement décrété 1€ de CA = 10€ de valo
    En 2007 CA = 276’135€ donc la valo est de 2’761’350€
  • Estimation par amortissement sur 5 ans : J’estime que l’investissement doit être amorti en 5 ans.
    Salaires versés sur 5 ans : 112’500 x5 = 562’500€
    Bénéfices prévus sur les 5 prochaines années : 2’385’273€
    Valo estimée = 2’385’273 – 562’500 = 1’822’773€
  • Estimation selon Expert comptable : L’investissement doit rapporter 9.47% par an
    Salaire de remplacement : 112’500€
    Bénéfices au dernier bilan : 253’772€
    Bénef réel estimé = 253’772 – 112’500 = 141’272€
    Valorisation : 141’272 / 0.0947 = 1’491’790€
  • Estimation selon expert comptable en tenant compte du potentiel de croissance sur 5 ans
    Salaire de remplacement : 112’500€
    Bénéfices moyen prévu sur les 5 prochaines années : 477’054€
    Bénef réel estimé = 477’054 – 112’500 = 364’554€
    Valorisation : 364’554 / 0.0947 = 3’849’574€
  • Estimation selon expert comptable en tenant compte du potentiel de croissance sur 2 ans
    Salaire de remplacement : 112’500€
    Bénéfices moyen prévu sur les 2 prochaines années : 366’435€
    Bénef réel estimé = 366’435 – 112’500 = 253’935€
    Valorisation : 253’935 / 0.0947 = 2’681’472€

Moyenne des valorisations :  2’481’374€

Toutes ces méthodes donnent des valorisations très différentes. Si je me mets côté vendeur je ne peux exclure le potentiel de croissance dans la valorisation j’exclue donc la méthode comptable, et du côté acheteur je peux difficilement prendre en compte une projection sur 5 ans (surtout sur Internet). La méthode par comparaison est un peu ésotérique. La dernière estimation semble un bon compromis, elle se rapproche d’ailleurs de la moyenne (et de la méthode par comparaison…).

Un achat d’un site, avec de tels résultats et une perspective de croissance continue sur au moins 2 ans, pour un peu plus de 2.6 millions d’euros devrait rapporter environ 10% par an à l’acheteur. De plus l’acheteur a la perspective de faire une plus value importante s’il revend le site dans les 2 ans.

A force de réfléchir là dessus, je pense que cette réflexion est correcte.

Dans mon cas le site est intéressant car il pourrait rémunérer des salariés et continuer à faire des bénefs pour les actionnaires. De plus le taux de croissance est important et continue depuis longtemps de qui donne des perspectives de plus values intéressantes. Je suis dans le cas idéal.

Dans le cas d’un site qui ne ferait pas de bénef après avoir payer son/ses salarié(s) la valorisation serait donc uniquement basée sur le potentiel de croissance (si en plus il n’y a pas de potentiel de croissance je ne vois pas l’intérêt de l’acheter !). Les revenus sont donc plus aléatoires puisque uniquement basés sur des projections. Il faudrait donc estimer une valeur future et déduire un rendement. C’est un peu ce qui se passe dans la valo des sites “Web2.0” qui n’ont pas encore de revenus décent mais qui sont valorisés très chers car on voit en eux un potentiel sans limite… Pure spéculation. Des fois la spéculation paye (ou pas)

Un site peut faire des bénefs sans avoir de potentiel de croissance. Dans ce cas les bénéfices devront être conséquents pour intéresser les investisseurs. Pas de croissance sur Internet = pas cool.

Vous êtes arrivés jusqu’au bout sans mal de tête ?

Moins de pub sur France Télévisions, plus pour le Web

Nicolas Sarkozy l’a annoncé, il souhaite que la publicité disparaisse des chaînes publiques.  Ca a eu un effet immédiat sur le cours de bourse des chaînes privées, TF1 en ce moment enregistre plus de 10% de hausse. La raison est simple : les investisseurs pensent que l’investissement publicitaire va passer de France Télévisions aux chaînes privées. Ce n’est pas faux.

Et si toute cette manne ne partait pas seulement sur la TV mais aussi sur le Web (comme je l’ai lu ici). Vu les montants en jeu les effets pourraient être très bénéfiques pour le Web français.

Sur le rapport financier de France télévisions on peut lire que les recettes publicitaires en 2006 se sont élevées à 765.3 millions d’euros, ça représente tout de même plus de 60% des recettes totale de l’e-pub qui étaient de 1.24 milliard d’euros en 2006 (d’après les chiffres du jdn). Et comme je ne pense pas que les chaînes privées n’arriveront pas à prendre tout le budget publicitaire le web devrait en profiter.

On pourrait donc connaître en 2007 une forte progression des dépenses publicitaires sur Internet. C’est bien mais qui va en profiter ? 

Toujours d’après le rapport financiers de France Télévision le secteur alimentaire représente 22.3%, Hygiène et beauté 13.6%, Ensuite viennent l’édition, les télécoms… Les sites généralistes et plutôt féminins pourraient être les premiers bénéficiaires, Doctissimo par exemple qui connaît déjà une forte croissance d’audience pourrait prendre une bonne part du gâteau (d’ailleurs ça m’étonne que son cours de bourse n’ait pas bronché lors de l’annonce de Sarkozy). Le nouveau site de Voici qui a comme objectif d’avoir un million de visiteurs uniques par mois arrive au bon moment, le partenariat de Chauffeur de Buzz et d’un groupe Média aussi, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a eu des délits d’initiés mais bon…. Les sites high tech (et pourquoi pas certains blogs) devraient aussi tirer leur épingle du jeux. De mon côté je ne risque toujours pas de voir l’ombre d’un euro français ;)

Et pour Mr et Mme tout le monde qui ne profitera pas de ces retombées ? et bien tournez vous du côté des actions des sociétés françaises qui vivent en grande partie de la pub. J’ai déjà cité Doctissimo du côté des sites média mais il y a aussi les régies comme Hi-Media.

Et si le plan se déroule sans accroc vous gagnerez plus en travaillant moins grâce à Nicolas Sarkozy… Elle n’est pas belle la vie :)

PS : je décline toute responsabilité en cas d’effondrement des cours de bourse des sociétés mentionnées ci dessus. Je ne suis pas devin non plus !

Regarde le passé, imagine l’avenir

Fixer des objectifs pour les années qui viennent est un exercice perilleux. Les objectifs de CA ou d’audience sont rarement dans les projections. Tant pis, je me plie quand même à l’exercice.

La méthode est rudimentaire, je prends l’évolution des années précédentes et je fais une rêgle de 3. Ca donne une idée de ce qui est envisageable et ça évite de réver en s’imaginant qu’on va tutoyer les sommets en 6 mois… Ben oui, à moins d’un miracle si on ne bosse pas plus il n’y a pas de raison que la croissance s’accélère.

L’audience trimestrielle a une croissance quasi constante, j’ai connu un creux en 2006 lorsque j’avais 2 boulots en parallèle. Curieusement le creux a été comblé dès que j’ai repris mon activité à 100%. Si je continue sur ce chemin je devrais enfin atteindre les 500’000 visites mensuelles en fin d’année et les 600’000 fin 2009.

Chiffre d’affaire, même combat, on prend les chiffres des années précédentes et on évalue le CA futur. Pour affiner un peu j’ai mis en parallèle le CA (courbe) et le nombre de visites (histogramme) sur l’année, j’ai une corrélation assez importante entre ces deux données, ce qui me laisse penser que si j’atteins mes objectifs d’audience je pourrais enfin faire l’aile ouest du chateau.

Si je travaille dans la continuité je devrais pouvoir atteindre ces objectifs. Si j’intègre un actionnaire (et donc un apport de trésorerie) et que je ne travaille plus seul sur la technique alors mes objectifs seront relevés de 50% sur 2 ans (ce chiffre n’est pas totalement basé sur du pifomètre).

Le chemin est tracé, il reste à essayer de le suivre sans se disperser. La stratégie de diversification géographique est le point clé pour continuer à réussir, la tentation de m’inspirer du web 2.0 est le meilleur moyen de me disperser.

Réseaux sociaux, monétisation et Web3

J’ai lu pas mal de billets sur le Web3. Si on fait le tri et qu’on enlève tout ce qui se rapproche du people j’en tire trois informations :

  • Il y a un doute sur l’avenir des réseaux sociaux.
  • Pas mal de société ont du mal à trouver un business modèle viable.
  • Il faut penser global.

Sur les réseaux sociaux (type facebook ou autre) je reste dans l’idée que ce n’est ni plus ni moins qu’une évolution des forums avec un peu plus d’options. Avec un peu de recul je pense que les blogs sont aussi une évolution des forums dans lesquels seule une personne lance les sujets, contrairement aux forums ou tout le monde peut le faire. L’avantage du forum c’est que les participants ne sont pas liés, ils peuvent passer d’un forum à l’autre sans avoir le sentiment de laisser tomber une communauté (sauf cas exceptionnel). L’inconvénient du forum c’est que les meilleurs participants sont souvent fondus dans la masse. Le contraire des blogs.

Avec les réseaux sociaux on revient un mode de fonctionnement identique aux forums. Dans quelques années il est probable que les sites de type Facebook tournent avec des millions de membres inscrits mais seulement une petite partie active (ceux qui ont participer ou tenus des forums comprendront). Et les plus actifs finiront par penser qu’ils donnent beaucoup de temps sans recevoir en retour. Et on reviendra sur un “mode blog” avec peut être des mini réseaux sociaux tournés vers une personne. On discutera alors de la façon de monétiser ces minis réseaux personnels (comme pour les blogs).

Et comme l’histoire est un éternel recommencement ça risque de se répéter infiniment. Je ne suis pas assez calé en histoire pour pouvoir dire si dans le passé (avant Internet) il y a eu des périodes “communautaires” suivies de période tournée vers le culte de la personnalisation. Un peu comme 68 = communauté et années 80 = réussite personnelle.

Je vous invite à lire l’Inspiration digitale de Daniel Broche dans lequel il compare le web à une ville et ou on trouve Microsoft comme un promoteur, Les navigateurs comme des automobiles, les annuaires comme des routes, Google comme le périph, les FAI comme les compagnies pétrolières, le web mobile comme la campagne et Android de Google comme l’Autoroute, Les blogs comme les pub, cafés et PMU, Facebook comme un parking en centre ville et les réseaux sociaux comme des bus, métros ou navettes… Si je suis d’accord avec la plupart des comparaisons, j’assimilerai plutôt facebook et autres réseaux sociaux (Youtube compris) aux cinémas, cafés, et autres lieux de détentes ou on vient flâner et discuter sans but précis. En effet on ne peut pas les comparer à des moyens de transport car ils nous emmènent rarement quelque part (en tout cas ou on avait décider d’aller), ce sont plutôt des impasses.

Si je parle de tout ça c’est pour mettre en évidence que Facebook et autres sites similaires ne devraient pas devenir le coeur du web comme on le lit parfois. Au plus ce seront des énormes parcs d’attraction ou des gigantesques complexes ciné. Si ils auront la possibilité d’en tirer des revenus conséquents ils ne seront pas irremplaçables. Les promoteurs et autres constructeurs de route ou compagnies pétrolières par contre ce sera moins évident de les renverser.

On arrive sur le deuxième point : la monétisation. Le web se cherche, il ne semble pas y avoir de modèle de revenu pour les sites communautaires. On veut du gratuit sans pub.

Si on vise le grand public je pense que le gratuit s’impose. Internet regorge d’information et il devient très difficile de la vendre. L’internet gratuit crée l’audience et la renvoie, moyennant finance, à des sites de e-commerce (j’inclus les ventes de marchandises, de services, bancaires…). Si on me demande quelle est le site parfait je répondrai que c’est celui qui arrive à produire le contenu gratuit afin de créer une audience puis de revendre ses propres produits à cette audience, ça a l’avantage de pouvoir cibler au maximum le contenu pour toucher l’audience parfaite pour nos produit. Un exemple : boursorama. De là à dire que pour lancer un site de e-commerce il est judicieux de construire en parallèle un site d’information sur le produit et tout ce qui tourne autour il n’y a qu’un pas (Saveur-Biere a été construit sur ce modèle).

La monétisation passe par cette compréhension. Les sites qui n’ont pas vocation à vendre quelque chose doivent inclure dans leur cahier des charges l’obligation de créer des chemins vers des sites commerciaux. Ca passe par les bannières de pub, l’affiliation, le sponsoring, la vente de liste de contact… Il y a certainement des idées à explorer dans ce sens, je m’y emploi chaque jour ;) D’un autre côté les sites commerçants doivent connaitre les lieux de passages de leur futurs clients pour pouvoir ouvrir des chemins pertinents.

Et on arrive sur le dernier point : penser global. Même si c’est inclue dans ma stratégie je ne pense pas que ce soit forcement nécessaire. Comme dans la vie hors du web, le monde connecté peut faire vivre les grand groupes internationaux et les petits sites de quartier, les revenus seront moins importants mais les moyens à mettre en oeuvre aussi. Au final si la barque est bien menée le rendement devrait être au rendez vous. Il faut quand même dire que l’internationalisation est relativement simple sur le web et que c’est dommage de ne pas en profiter.

Changements chez Adsense

Comme vous le savez certainement il y a eu des changements dernièrement chez Adsense. Les zones cliquables ont été fortement diminuée pour éviter les erreurs de clics.

Ce changement a eu lieu entre le 13 et le 14 Novembre. Depuis la mi 2004 je suis mon compte adsense de très près, j’observe la performance des annonces, les taux de clics, les prix des clics…etc…

Alors que le nombre d’annonce que j’affiche est en constante progression

Le nombre de clic a connu un décrochage lors de la mise en place du système. La baisse a été de l’ordre de 30%.

Dans les jours qui ont suivi ce changement mes revenus ont été fortement impactés. Le prix au clic n’ayant pas évolué dans le bon sens. C’était sans compter sur la faculté d’adaptation de Google et en quelques jours la tendance a été inversée. Le prix du clic est actuellement a un niveau que je n’avais pas connu depuis plus d’un an et, ce qui me rassure un peu, se maintient sur un niveau élevé. Ce qui me laisse penser que ce n’est pas une aberration comme il y en a parfois (le 13/11 -jour du changement- par exemple).

Il y a un gros point noir quand même : le CPM qui reste sur des niveaux assez bas. Cet indicateur étant au final le plus important, j’espère le voir remonter rapidement. Rien de catastrophique pour le moment puisqu’on est sur des niveaux corrects mais loin des plus hauts du mois dernier.

Chiffres en vrac et auto-congratulation

La fin de 2007 marque une forte évolution dans ma petite entreprise. De nombreux chiffres symboliques sont sur le point d’être franchis ce qui me remplie de joie et d’allégresse, et ça devrait durer jusqu’aux fêtes de fin d’année.

Tout d’abord du coté des statistiques après quelques mois de stagnation je suis enfin sur le point de franchir les 400’000 visites mensuelles, le demi million devrait être une formalité pour 2008. Ces visiteurs devraient ouvrir environ 2 millions de pages en décembre. Ceci est le résultat d’un gros travail sur le contenu puisque je diffuse maintenant 3 news par jour au lieu d’une, ça me permet de couvrir l’ouverture des marchés européens, américains et asiatiques (je rappelle que je gère un site financier) ce qui me fait commencer mes journée à 6h30 pour finir vers 23h30 (avec beaucoup de pauses au milieu je vous rassure, je ne raterai pour rien au monde les Expert de Manhattan, Miami ou Dallas voire même Prison break ou encore la starac et la roue de la fortune). Travailler plus pour gagner plus ça à l’air de marcher.

Le plus important c’est le nerf de la guerre, Google m’a permis de démarrer facilement lorsque j’avais une audience de blogueur débutant en remplissant les espace pub et en payant pas beaucoup mais suffisamment pour assurer le fond de commerce. La copie d’écran ci dessus (un peu trafiquée pour cacher certaines données) est le résultat des 3 dernières années. Avant de commenter sur ce chiffre qui a l’air extraordinairement gros je rappelle que le cours de l’Euro Dollar est à 1.30 en moyenne sur la période, qu’il y a des charges sociales, des impôts, un serveur qui coûte quelques centaines d’euros par mois et des flux boursiers à payer, une fois tout ça déduit il reste un smic.

Je montre ces chiffres pour me faire mousser montrer qu’on a pas besoin d’être un gros blogueur américain pour arriver à sortir quelque chose du web et parce que j’en suis bien content.

PS : Si google veut faire passer mon compte en premium je ne dis pas non ;) J’aimerai changer le design des encarts de pub.

PS2 : Si quelqu’un connaît un Googler qui a la possibilité de me passer en premium je lui paye une bière  (lien non sponsorisé, c’est juste pour me rappeler que ça fait longtemps que je n’ai pas passé de commande).

Google vs. Yahoo!

Un billet très intéressant de Jean Marie Le Ray. C’est le genre de calcul que j’aime bien faire car il relativise les performances des sociétés (en particulier sur leur revenu publicitaire).

Je me permets de répondre ici car ça me permettra de garder une trace de ces chiffres.

Google :
333’021’000 actions en circulation.
Le bénéfice par action représente 9.50/639.62 = 1.5% du prix de l’action.

Yahoo :
1’347’170’000 actions en circulation.
Le bénéfice par action représente 0.32/29.35 = 1.1% du prix de l’action.

Attention au bénéfice par visiteur de Google, vous prenez en compte les revenus d’Adsense (Network) et des licences vendues. Yahoo prend les revenus ex-TAC (traffic acquisition costs) qui représentent $1.22 milliards pour Google (cf leur rapport Q3 2007), les revenus à prendre en compte sont donc $4.23Md-$1.22Md. Yahoo indique la stat par mois ce qui donne pour 458 millions de visiteurs environ $2.2 pour Google et pas $9.24. Pour trouver le résultat de Yahoo vous prenez le revenu ex-TAC (1,286 milliards) / 477 millions de visiteurs / 3 mois = $0.90 par visiteur par mois.

Il faut aussi considérer que ces stats incluent Google, Youtube… etc. A mon avis Google est bien plus performant que Youtube. Mais c’est un autre problème.

On est donc plus dans des rapports de 1.3 à 2,5 plutôt que 10 à 20. Ce qui est déjà pas mal je vous l’accorde.

Edit : un billet complémentaire chez Didier Durand

Quelques chiffres d’Adsense

En 2006 Google a :

  • gagné $4.16 milliards avec les réseau de site utilisant Adsense,
  • reversé $3 milliards aux éditeurs.

Google reverse 72% de ses revenus et prendrait donc une commission de 28%. Je pense que cette commission n’est pas la même pour les comptes premium et les comptes normaux.

En 2006 j’ai représenté 1/38000ème des revenus d’Adsense. Je n’ai pas eu de réponse à ma demande de compte premium, je suis bien trop petit. En 2007 j’ai baissé les affichages d’Adsense, en 2008 je ne devrais plus avoir d’Adsense. Et pourtant c’est reposant de travailler avec Google, il n’y a rien à faire

Statistiques américaines

Chaque mois aux USA les annonceurs dépensent donc un peu moins de 8$ par internaute américain.

91% de ces revenus sont partagés par les 50 premiers, 70% par les 10 premiers et Google a lui tout seul en prend 40% (à noter qu’il en redistribue 40% via les Adsense)

Toujours aux USA Google toucherait environ 110 millions d’internautes, si on ne compte que les revenus d’adwords chaque visiteur américain rapporte environ $3.5 à Google, ça calme hein ?  J’ai un peu plus de 30’000 américains qui passent prendre des nouvelles du forex… faites le calcul.

Crédit photo

Facebook a-t-il de l’avenir ?

J’ai lu sur Transnet hier puis aujourd’hui sur Techcrunch fr (en) que Steve Ballmer pense que l’envolée actuelle de Facebook est un engouement passager. En gros la mode va passer et ça va se tasser.
Comme il y a beaucoup d’utilisateur accros de Facebook parmi les bloggueurs l’affaire a pris pas mal d’ampleur.

Pour ma part, j’ai testé le service, j’ai regardé ses possibilité et au bout de quelques dizaines de minutes j’ai commencé à tourner en rond. Facebook est un écosystème très fermé si on compare au reste du web. Il y a quelques années j’aurai certainement accroché. Tout ça pour dire qu’il y a certainement un public pour ce genre de site, qu’il peut faire une grosse audience mais je ne vois aucune révolution majeure. Sur le long terme l’utilisation de Facebook devrait devenir assez ennuyeuse, les widgets c’est bien mais visiter les sites c’est mieux.

Ceci dit la porte n’est pas fermée et je changerai peut être d’avis avec le temps. Cependant j’ai d’autres arguments pour anticiper un futur probablement difficile pour Facebook. Tous ces argument tournent autour de la monétisation :) Pas d’argent, pas de moyen, pas de développement, ce qui entraîne stagnation et souvent effondrement.

Qu’est ce qui fait vivre Facebook à l’heure actuelle ?

  • Les investisseurs : Facebook a levé 40 millions de dollars de capital risque et négocie en ce moment avec Microsoft pour lever 500 millions pour développer son infrastructure.
  • La pub : apparemment en 2006 le site aurait eu 50 millions de dollars de revenus (125 millions en 2007 ?)

Quelle sont les charges ?

  • 300 employés, le salaire moyen dans la silicon Valley étant supérieur à 80’000$ pour les informaticiens ça représente environ 24 millions de dollars (je ne connais pas le montant des charges patronales en Californie)
  • Locaux, Je ne me risque pas à évaluer mais pour 300 employés ça doit être pas loin du million. (j’ai jeté un oeil rapide sur Craiglist, les 50m² se louent environ 1000 dollars par mois)
  • Hébergement, bande passante… Avec 50 millions de visiteurs uniques je ne serai pas étonné que le budget soit plus important que la location des locaux (Facebook a besoin de 500 milions pour développer l’infrastructure).

Les revenus de pub ne sont pas extensibles à l’infini.

Les depenses pub online dans le monde sont estimées à un peu plus de 30 milliards dans le monde en 2007 dont un tier rien que pour Google. Google arrive a prendre une aussi grosse part du gateau car il touche la quasi totalité des internautes. Il peut aussi facilement placer une pub à la ménagère de plus de 50 ans qui recherche une recette pour le repas familial que le chercheur astrophysicien qui cherche une doc technique. Ca des sites comme Facebook n’arriveront jamais à le faire et si l’audience est multipliée par 5 sur les 5 prochaines année Les revenus auront du mal à progresser beaucoup plus vite malgré ce que je disais il y a quelques temps.

Yahoo estimait que Facebook pouvait atteindre le milliard de revenue en 2015. A mon avis c’est un plafond qui tient sur l’hypothese que le marché de la pub connaisse une croissance de l’ordre de 15 à 20% par an pendant les 8 prochaines années et que Facebook tienne le cap pendant aussi longtemps. Bref, un enorme coup de poker. Le marché de la pub est déjà en forte croissance et continuer a se rythme pendant 8 ans relèverait du miracle.

D’un côté on a donc un marché publicitaire qui devrait avoir du mal à alimenter Facebook pour qu’il puisse valoir les milliards que son fondateur estime.
D’un autre côté on a un réseau social qui, sur le concept, est sympa pour partager ses photos ou ses coup de coeur mais qui du côté intérêt sur le long terme n’apporte pas grand chose.

Une fois la vague passée, Facebook devrait rester un réseau social ciblé sur les étudiants et peut être quelques fondus d’Internet.

Microsoft ferait une erreur de valoriser ce site à 10 milliards, j’ai l’impression qu’ils essaient de courrir après quelque chose qu’ils n’arrivent pas à attraper.

à lire sur ce sujet :

PS : Pour se donner une idée de ce qui fonctionne sur Internet on peut regarder les sociétés cotées en bourse. Rare sont les sites de contenus qui vivent uniquement de la pub.

Modèle gratuit : NYT, WSJ… ou payant : Arrêt sur Images

Les faits :

  • Arrêt sur Images : Daniel Schneidermann souhaite que la première source de financement par abonnement, éventuellement un peu de pub pour compléter. Il récolte 240’000 euros en 1 semaine pour 12’000 abonnés
  • New York Times :  225’000 abonnés entre 50$ et 100$ par an. Passe au tout gratuit.
  • Wall Street Journal : 770’000 abonnés qui rapportent 65 millions de $. Passe au tout gratuit.

D’après ce que j’ai lu sur le web 2 modèles s’affrontent : l’abonnement et le financement par la pub.

Arrêt sur Image” est un site neuf, sans audience sans budget.  L’objectif du site est d’avoir un regard critique sur la télévision et sur l’image en général. Au yeux du public (en tout cas pour moi) le but premier est de trouver les failles et les erreurs pour les mettre sur la place publique, ce qui n’est pas négatif mais ça attire forcement l’antipathie de ceux qui ont fait ces erreurs. Le concept de l’émission fait qu’il est difficile de trouver des annonceurs pour se financer, ben oui, vous iriez vous vendre sur un site ou les visiteurs ont un regard fortement critique sur les médias ?. Vu que la pétition sur le web avait récolté 185’000 signatures en 1 mois et que les signataires sont en majorité des gens impliqués, critiques ayant certainement en majorité un statut social relativement supérieur à la moyenne, il pouvait sembler naturel qu’ils acceptent de soutenir financièrement le concept de l’émission. Je pense donc qu’il n’y avait pas vraiment d’alternative pour mettre en route “‘Arrêt sur Image” sur le Net.

Pour ce qui est du Wall Street Journal et du New York Time, ouvrir tous les articles gratuitement plus les archives revient certainement à multiplier par 3 ou 4 (certainement beaucoup plus) le nombre de page accessibles par les moteurs de recherche. De plus ça augmente l’intérêt d’aller sur ces sites pour tous les non abonnés. Le Wall Street Journal c’est déjà 7.2 millions de visiteurs uniques. Il gagne environ 65 centimes d’euros par visiteur (soit au total en dollar 75 millions $ par an) . En doublant son audience les revenus perdus des abonnements seront compensés par la pub. Des analystes prévoient une audience multipliée par 10, je vous laisse faire le calcul (même si les charges d’hébergement, de bande passante sont augmentés l’opération est rentable).

Voilà 2 modèles incomparables entre eux, ils ont chacun pris la bonne décision. Dans les années qui viennent, si “Arrêt sur image” reste viable avec une audience importante je ne serai pas étonné de voir plus de publicité dans ses pages…

Pour les sites de contenus, le modèle avec abonnement s’adresse aux sites avec une forte composante émotionnelle, qui implique le visiteur. Il faut que l’abonné ait envie de soutenir “une cause”.  Le modèle publicitaire est fait pour les autres :).

Ils m’ont inspirés :